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Société

Stratification ethno religieuse

La société népalaise est multi stratifiée: ethnologiquement, religieusement, géographiquement, et socialement. Traditionnellement dominée par les deux hautes castes de l’Hindouisme (Bahun et Chettri) et par les Newars (l’ethnie possédant les meilleurs artisans du pays et les terres fertiles de la Vallée de Katmandou),

- Cette stratification est tout d’abord la réflexion d’un caléidoscope ethnologique né des flux migratoires au cours des siècles : ethnies mongoloïdes généralement bouddhistes (Gurung, Tamang, Magar, Sherpa, Rai, Limbu, etc..) venues du Tibet avant le XVe. siècle, Thakuris indo aryens et hindous (ancêtres de la dynastie Shah) venus d’Inde par l’Ouest du pays à la suite de l’invasion musulmane de l’Inde au XIVe. siècle, Tharus résidents originels de la plaine du Terai, Newars aux traits mélangés et résidents originels de la vallée de Katmandou.

Cette première stratification basée sur l’identité népalaise vue par le groupe ethno linguistique dirigeant, pourrait se résumer géographiquement et morphologiquement de la manière suivante:
Ethnies mongoloïdes des montagnes (Bhotiya)/ Indo népalais des collines (Pahadi)/ populations autochtones, musulmanes et d’origine indienne du Terai (Madeshi).

- La société népalaise est ensuite, et depuis l’unification du pays en 1768 par Prithvi Narayan Shah le roi hindou de Gorkha, la réflexion et la résultante d’une domination politique et militaire des hindous des collines: le pays a été sous le règne de la dynastie royale Shah jusqu’en 2006, avec un siècle d’interruption au profit de la dictature théocratique Rana, elle aussi hindoue, entre Septembre 1846 et Février 1951.

Cette domination des « hindous des collines » s’observe à tous les niveaux de l’état dans la répartition des postes décisionnaires et à responsabilité: aussi bien dans la représentation politique élue, dans le haut fonctionnariat, les hautes instances de la justice, de l’appareil sécuritaire (armée et police nationale), ou de l’éducation, on retrouve une écrasante majorité hindoue des collines (Bahun-Chettri, les deux plus hautes castes), suivie par la communauté Newar, dominante de la Vallée de Katmandou.

En résumé, le pouvoir militaire est entre les mains des Chettri dont font partie les clans Rana et Shah, le pouvoir politique et administratif entre les mains des Bahun plus éduqués, le pouvoir commercial entre les mains des Newar habitants la capitale et pionniers en ce qui concerne les artisanats ayant contribué à la renommée du Népal en Asie (peinture religieuse, sculpture sur cuivre et sur bois, commerce entre Nord et Sud, etc.).

Cette seconde stratification basée sur une notion de pureté religieuse, de mainmise politique et de monopole commercial, a comme effet de limiter l’accès démocratique aux ressources et à l’emploi et pourrait se résumer de la manière suivante :

Indo népalais « Bahun-Chetri » des collines / Newars de la Vallée de Katmandou / populations du Terai (Tharu, Yadav, Maithili et musulmans) / ethnies mongoloïdes des montagnes.

Centralisation du pouvoir et des ressources

A la suite de la conquête de la fertile vallée de Katmandou, ce qui allait devenir la dynastie royale Shah décida d’y installer sa cour. La centralisation du pays allait se prolonger jusqu'à nos jours, illustrée par le déséquilibre criant entre Katmandou et le reste du pays dans l’accès aux commodités minimes: Accès à la santé, à l’éducation, aux moyens de communication routiers, à l’eau potable, aux services administratifs, etc…

Au sein de ces ethnies existent des groupes et des clans aux statuts et droits inégaux, et dont vous découvrirez les subtilités en compagnie de nos équipes.

Notons que dans l’application de l’hindouisme au Népal, la répartition de la pureté par le sang s’effectue sur un axe « castes pures » (aussi appelés ‘’les deux fois nés’’) contre « castes non pures ». En effet, les Bahun et Chetri (Bhramane & Kshatriya en Inde) affirment avoir une première naissance physique, et une deuxième naissance, spirituelle et sacrée, à l’âge de la puberté, et célébrée par la remise du cordon sacré, le Janaï, symbole de pureté et qui est changé chaque année par le prêtre. Ce cordon sacré n’est remis qu’aux hommes.

Les castes non pures ne sont pas classées comme telles mais entrent dans les « castes de métier »,