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L’origine des peuples mongoloïdes du Népal

L’origine des peuples mongoloïdes du Népal, un défi pour l’historien !!

Les questions concernant les origines des peuples mongoloïdes du Népal (Gurung, Tamang, Sherpa, Thakali, Loba, Manangi, Rai, Limbu, Magar, etc.) demeurent nombreuses : Quand, pourquoi et d’où précisément sont-ils arrivés?

Les textes et traces écrites concernant leurs parcours migratoires sont rares et mal conservés, et pour cause …

  • L’écriture tibétaine fut créée au VIIème siècle par le roi tibétain Songtsen Gampo, en vue de conserver les textes du tout nouveau et révolutionnaire Bouddhisme, alors venu d’Inde. Hors, cette nouvelle écriture ne fut pas profondément diffusée dans les différentes strates de la société tibétaine de l’époque mais demeura l’apanage de la communauté religieuse bouddhiste qui fut pourchassée et presque annihilée lors des deux mouvements de persécution du Bouddhisme (début VIIIème et fin IXème siècle) par la puissante et redoutée oligarchie Bön, religion ancestrale du Haut plateau tibétain. La majorité des écrits antérieurs au IXème siècle, tout comme les œuvres d’art et lieux de culte bouddhistes, furent par conséquent détruits ou perdus.
  • Une autre raison de ce manque de support écrit réside dans le matériau utilisé jadis: Ecorce de bouleau des contreforts de l’Himalaya et feuille de palme venue d’Inde, qui même s’ils s’avèrent très résistants n’en demeurent pas moins sensibles aux températures extrêmes du Transhimalaya.
  • A ces raisons vinrent s’ajouter les pillages et destructions dont furent victimes les Gompas au cours des siècles. En effet les Gompas, à partir du moment où ils ont commencé à posséder des terres et à en retirer des bénéfices, sont devenus (en plus d’être des centres artistiques regroupant écrits et autres chroniques) les « coffres-forts » des communautés et villages, abritant statues et autres objets du culte, souvent faits de métaux précieux enchâssés de pierres rares.
  • Hors, leur emplacement à la lisière des villages et loin des citadelles militairement gardées de leurs patrons (l’isolement des affres du monde étant nécessaire à la pratique méditative et religieuse) en fit les cibles préférées des envahisseurs et pillards de toutes sortes.
    Vers le XIIème siècle, les richesses et œuvres d’art des Gompas furent transférées dans de nouveaux monastères construits au-dessus des villages, en sécurité près des palais et citadelles.
  • La tradition orale, véritable lien avec les ancêtres et les traditions, et enracinée dans les coutumes des communautés himalayennes et transhimalayennes, n’a pas encouragé le développement de l’écriture...
  • En effet, les rudes hivers himalayens ont laissé un espace de choix aux populations de montagne, physiquement isolées et inactives aux champs durant de longs mois.
  • C’est l’occasion de rendre visite aux parents et proches, d’entreprendre de longs pèlerinages vers les lointains lieux de cultes, mais aussi de se réunir pour célébrer les festivals religieux, accumuler des mérites par la réalisation de pierres sculptées recouvertes de prières de compassion, et bien sur de transmettre. Transmission des contes, légendes et croyances locales, mais aussi des origines familiales et des exploits des grands saints …
    Et cette tradition orale fut mise en exergue dans la tradition tibétaine jusqu’ à donner son nom à une des écoles du Bouddhisme tibétain : L’école Kargyud ou « Ecole de la Transmission Orale ».
  • Un secret à préserver ? Il est fort possible que les raisons de certaines migrations transhimalayennes résident dans des fuites, exiles forcés et défaites que l’on préfère garder enfouis dans le passé.
  • Ce fut le cas au Xème siècle des descendants du roi tibétain Langdarma, ardent défenseur de la religion Bön. Après avoir assassiné le roi bouddhiste Tritsuk Detsen, il persécuta bouddhistes et Lamas, brula et pilla Gompas et monuments votifs bouddhistes mais finit par être assassiné à son tour. Ses descendants durent fuir et s’installèrent au Ladakh en grande partie, mais aussi au Népal.
  • Un désintérêt total du pouvoir central. Diviser et maintenir divisé pour mieux régner … Depuis le milieu du XVIIIème siècle, le pouvoir central ayant unifié le Népal par la force, s’est employé à conserver ces populations mongoloïdes dans un isolement aussi bien géographique que social, interdisant par conséquent toute tentative de rapprochement entre elles.
  • Cela s’est traduit pour ces ethnies par un illettrisme quasi endémique, un accès aux postes décisionnaires inexistant, et un quasi servage au profit des clans régnant Shah et Rana: Gurung et Magar dans les armées, Tamang comme palefreniers, Thakalis comme percepteurs de taxes dans la Thak Khola (Kali Gandaki), etc…
    Aujourd’hui encore, le déséquilibre entre les ethnies mongoloïdes et les hautes castes Bhramines et Chhetri dans l’accès aux commodités essentielles (santé, éducation, transports) est frappant, tout comme l’est l’accès aux postes à responsabilité (Politique, gouvernement, fonctionnariat, forces de sécurité, etc …), dominé à 90% par ces derniers…