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Les Sherpa

Ils représentent 0.6% de la population du Népal, soit +/- 180 000 habitants. Les Sherpa forment l’ethnie népalaise la plus connue dans le Monde et une des mieux loties économiquement grâce au tourisme, au trekking et à l’alpinisme.

Leurs origines

Originaires de Selma Gang, dans la province orientale tibétaine du Kham, à quelques 2 000 km au nord du Népal, leur aire géographique actuelle. Ils quittèrent ces terres pour des raisons inconnues et arrivèrent dans la partie Est du Népal au XVIe siècle, en 1530 après avoir traversé le col du Nangpa La (5776m).
Une hypothèse avancée suggère que les Sherpas, qui suivent majoritairement l’ancienne école du bouddhisme tibétain, l’école Nyingma, auraient fuit la répression de l’école reformée des Geloug, les bonnets jaunes du Dalai Lama.

Étymologie du nom Sherpa

Du tibétain Sher= Est et Pa=Habitants
Les ‘’gens de l’Est’’ en tibétain.

Répartition géographique des Sherpa

La grande majorité du peuple Sherpa se trouve aujourd’hui au Népal avec + ou - 150 000 âmes (Vallée de Katmandou, Helambu, Dolakha, 25 000 dans le Solu Khumbu, Sankuwasabbha, Taplejung), mais l’on trouve également 25 000 Sherpas en Inde (Darjeeling et Sikkim), un millier en Chine (Kham), et quelques centaines au Bhoutan, aux USA et en Corée du Sud.

Analyse et répartition linguistique des Sherpa

La langue Sherpa fait partie de la famille des langues tibéto-birmanes mais ne possède que 58% de similarité lexicale avec le tibétain de Lhasa.

Les Sherpas conservent leur langue même loin de leurs régions d’origine mais une extrême minorité seulement est lettrée (1 à 5%), l’écriture, empruntée au tibétain, étant principalement utilisée dans les textes religieux et donc l’apanage des lamas.

L’analphabétisme, encore très largement répandu dans la communauté Sherpa, tend nettement à diminuer dans les zones urbaines où l’on note une amélioration de + 20 % par rapport au milieu rural.

Célébration des grandes étapes de la vie

Naissance :

Les Sherpas nomment leurs enfants selon le jour de naissance:
- dimanche : Nyima,
- lundi : Dawa,
- mardi : Mingma,
- mercredi : Lakpa,
- jeudi : Phurba,
- vendredi : Passang,
- samedi Pemba.

Puis le Lama donne le nom religieux.

Mariage :

Il se déroule en 4 étapes:

- Sodene ou Ti chang (“la bière de la demande” ou fiançailles), de la part des parents du garçon. Aucune obligation ne lie les familles.

- Dem chang (“la bière du lien”) qui légitimise un enfant en cours, mais n’oblige la promise ni à fidélité, ni au déménagement dans la maison du fiancé, ni l’accomplissement des travaux ménagers et agricoles. Cette deuxième étape est célébrée quand les fiancés ont l’air sérieusement engagés ou quand un enfant est conçu hors mariage.

- Thejang ou “bienvenu à la mariée”.

- Gyen ku top ou Zendi (le mariage officiel) pendant lequel la mariée reçoit le point rouge nommé Tilak.

On dénombre 30% de divorces chez les Sherpas, chiffre extrêmement haut pour la société népalaise. Cela est dû à la grande liberté de pensée du bouddhisme tibétain mais surtout à l’influence toujours croissante du monde occidental sur la société Sherpa.

Leurs grandes fêtes sont entre autres … :

MANI RIMDU

Un festival uniquement Sherpa, mais qui reprend les éléments historiques et culturels présents dans nombre de festivals bouddhistes himalayens : Danses masquées, Guru Rimpoche et certaines de ses formes et accompagné de ses serviteurs, Mi-Tsering (vieillard de longue vie) et les Ngag-pa (squelettes), les danses spécifiques et purifications, sans oublier les exorcismes par le feu.

Mani Rimdu (aussi prononcé Mani Rilbu) célèbre la victoire du Bouddhisme sur la religion Bön (l’ancien culte d’Asie Centrale) mais aussi sur les démons et les négativités. C’est aussi la célébration de l’Eveil à l’échelle individuelle.

Ce festival est aussi dédié à Garwang Thoze Chenpo, le 'Seigneur des Danses' et forme de Phakpa Chenrezig, la déité de la compassion, aspect principal du bouddhisme tibétain. Les prières des lamas sont destinées à tous les êtres sensibles alors que la bénédiction de Phakpa Chenrezig apporte paix et bonne chance à tous.

A la pratique originelle furent ajoutées des danses masquées tirées des Tantras et qui apportèrent au festival ésotérisme et complexité. Au cours des 3 jours de danses masquées, les moines sous leurs lourds costumes, jouent les scènes qui content les anciennes légendes et rappellent les évènements ayant marqué la victoire de la foi bouddhiste sur les anciennes croyances.

Le festival prend place en 3 endroits différents et a lieu à des périodes différentes :

  • Thame Gompa (1 jour de marche à l’Ouest de Namche bazaar): En Avril et parfois Mai (4ème mois du calendrier tibétain).
  • Thyangboche Gompa (1/2 journée de marche à l’Est de Namche Bazaar): En Octobre et parfois en Novembre (9ème mois du calendrier tibétain). Le festival y fut introduit pour la 1ère fois par Zatul Ngawang Tenzin Norbu lors de sa venue afin de consacrer le Gompa de Thyangboche. Depuis, le festival est célébré annuellement, mais un mois plus tôt afin d’éviter les rudesses de l’hiver.
  • Chiwang Gompa (1 jour de marche au Nord-Ouest de Salleri, la préfecture du district, située dans la région Sud du Solu): Pleine lune du mois de Novembre (10ème mois du calendrier tibétain). Le festival est conduit sous la direction du vénérable Tulshig Rimpoche (de Rongbuk au Tibet), maître tibétain réincarné et fondateur de Thupten Choling Gompa, au-dessus de Junbesi dans le Solu.
  • Les dates de festival peuvent être ajustées sur décision de l’Abbé directeur du Gompa.

    Déroulement du festival :

    1er jour : Wang, la transmission de pouvoirs

    L’entrée du Rinpoche, toute en son et couleurs, annonce le début des festivités, qui débutent par la cérémonie de partage des pilules de longue vie. Préalablement bénîtes par les Lamas durant plusieurs jours de méditation, les Mani Rilbu sont partagées avec toutes les personnes qui assistent à la cérémonie.

    2ème jour : Cham, les danses masquées

    C’est la journée tant attendue ! Les danseurs défilent tout au long de la journée. Ils apportent aussi bien des messages, rappellent des épisodes mythiques mettant en scène Guru Rinpoche, ou amusent l’assistance.

    - La danse des offrandes au Lama et aux déités, ou Serkyem, est jouée par six danseurs masqués.

    - L’annonce de l’arrivée de Guru Rinpoche, Ghinpa, est interprétée par quatre danseurs masqués, deux hommes, la Compassion, deux femmes, la Sagesse. L’accomplissement de la perfection de ces deux qualités apporte la … félicité !! Ces deux qualités sont souvent représentées dans le Bouddhisme tibétain par des couples de déités enlacés. C’est donc une image !

    - L’arrivée des huit formes de Guru Rinpoche. Six sont paisibles, deux courroucées. Les danses interprétées par chaque personnage rappellent des passages de l’existence mythique de Guru Rinpoche, au VIIIème siècle.

    - Nga-Shyama, une danse du tambour, interprétée par six danseurs costumés, symbolisant la victoire sur les sensations et la pacification de l’esprit.

    - Mi Tsering et ses acolytes divertissent en apportant le message de la force de la simplicité et de la bonté. Une image de ces paysans acharnés à arracher leur pitance à chaque moisson, à cette terre si rude.

    - Rol Cham, l’entrée du Rinpoche, précédée de Mi Tsering et de moines portant trompes et bannières de la Victoire.

    - Thur Dag, la danse de la Libération, interprétée par deux ‘danseurs-squelettes’, représentant notre nature humaine transitoire … Ils affrontent les démons (les négativités créées par le Désir, l’Aversion et l’Ignorance, auxquelles chaque humain fait face) et finissent par les vaincre et les enfermer dans une figurine faite à base de beurre et de farine d’orge, une torma, Torma qui finit au feu, symbole d’offrande aux dieux (aux vertus ?), avant d’être enfoui sous une dalle de la cour centrale du monastère.

    - Kang Wa, une danse pendant laquelle le Rinpoche danse avec quatre déités représentant les Protecteurs. C’est le moment pendant lequel Ang Babu (le petits fils du fondateur et financeur du Gompa, qui en 1923 avait offert ses terres familiales agricoles), Sangye Lama) fait ses offrandes au Rinpoche et à la Communauté monastique.

    - Mi Nak, qui représente la capacité à transformer les énergies négatives en vertus. Interprétée par deux personnages vêtus de noir, les serviteurs de Shalung Genyen Shenpo,

    Shalung Genyen Shenpo, déité protectrice du monastère de Dza Rong Phu, le monastère tibétain du pied de l’Everest,et détruit par l’armée chinoise, où Trulshig Rinpoche (fondateur de Thupten Choling) prit les vœux monastiques, où il étudia et dont il fut l’Abbé.

    - Khandro, l’entrée des cinq Dakinis, ces déités féminines souvent effrayantes, représentent la partie féminine de l’enseignement, la Sagesse. Les Dakinis de Sagesse s’inclinent devant le Rinpoche, auquel elles offrent danses, trompes et tambours, et bénédictions.

    - L’assistance se fatigue ? Qu’a cela ne tienne, Tok Den, le yogi renonçant, ayant à faire face aux tentations mondaines telles que vie-mort, haine-passion, avarice-générosité, en compagnie de ses deux disciples, plutôt maladroits … Un intermède comique !

    Ngag Pa, ou l’offrande aux déités d’une torma (figurine faite de beurre et farine). C’est également le terme utilisé afin de qualifier un pratiquant bouddhiste laïque dont l’objectif ultime est l’Illumination.

    3ème jour: Jinsak, l'offrande au feu

    Cette dernière journée est dédiée à l‘offrande du Mandala de sable, patiemment préparé par les Lamas. Il est jeté (un geste symbolisant l’impermanence) dans la rivière sous le Gompa. La torma (représentant les négativités) sera, quant à elle, offerte au dieu du feu, Agni.

    LOSAR

    Le Nouvel An tibétain, célébré au Népal à l’occasion de la nouvelle Lune du mois de Février, dans toutes les communautés tibétaines mais aussi parmi la plupart des groupes ethniques d’origine tibétaine: Sherpa, Manangi, Thak, Loba, Tamang, Gurung, etc …

    C’est l’occasion pour les bouddhistes tibétains de se réunir en famille et de s’offrir cadeaux et présents au cours de somptueux repas de fête.

    Dans les gompas, les lamas performent des rituels spécifiques après avoir nettoyé (et parfois repeint) leur monastère de fond en comble.

    Dès deux jours avant la nouvelle lune, les lamas, masqués et costumés effectuent des circumambulations autour des Stupas de la vallée de Katmandou, tout en portant images et effigies symbolisant l’année passée et ses négativités. A Swayambhunath, ces effigies sont brulées en grande pompe au ‘’col’’ séparant les deux collines. Le lama principal lance ensuite une poignée de tsampa (farine d’orge grillé) dans les quatre directions afin d’accueillir la nouvelle année.

    Le quatrième jour après la nouvelle lune, les lamas organisent en l’honneur du Dalaï Lama une procession qui va durer du matin au soir. Son portrait est porté à la tête du cortège jusqu’aux marches du Stupa (Swayambhunath), où attendent d’énormes chaudrons destinés à recevoir les feux rituels de genévriers.

    Les trompes télescopiques (Radung), les cymbales (Rolmo), les hautbois rituels (Djaling) et autres gongs accompagnent la procession qui se rassemble à mi-chemin. La foule imite les gestes du lama principal et se joint à lui pour un lancer général de tsampa dans l’air afin de se propitier les déités en vue de l’année à venir. La cérémonie très colorée se déroule dans l’hilarité générale et bien que remplie de sens, sans aucune trace de solennité.

    La population bouddhiste assistant à ces cérémonies accentue encore l’aspect photogénique du rituel : les plus beaux costumes sont de sortie et relevés des bijoux les plus précieux (colliers de turquoises, corail, ambre et lapis, en or et assortis de perles) alors que les anciens font tourner leurs moulins à prières (Mani Khorlo ou Korten).

    “Retraite des pluies” pendant 6 semaines vers Juillet - Aout.

    DUMZA

    Ce festival qui est célébré en juillet marque la fin des travaux des champs et le début de la transhumance.

    YER-SHANG

    Ce festival/rite assure la bonne santé du bétail.

    Structure religieuse et sociale des Sherpa

    Les villages Sherpa, séparés les uns des autres par une limite nommée Chindzam, ont été développés dans des lieux offrant :

    • une aire agricole suffisante pour nourrir la population,
    • la proximité d’une source de coupe forestière,
    • la proximité d’une source d’eau active toute l’année.

    Le village permanent typique possède :

    • un Gompa, (alors que les villages provisoires peuvent au mieux posséder un ou plusieurs chortens et mani dong),
    • une aire pour les réunions publiques non religieuses (plutôt arrondie), et pouvant accueillir +/- la population du village,
    • une aire communautaire de coupe de bois et d’herbe (alimentation du bétail en hiver),
    • une aire communautaire de pâture.

    Le village permanent typique comprend :

    • Le « Nawa » ou chef de village,
    • le « Shingo Dawa » ou chef des forêts vicinales,
    • l’ « Amschi » ou docteur en médecine traditionnelle tibétaine.
    • Répartition professionnelle

      • Les Sherpa sont traditionnellement des éleveurs de bétail (yak, moutons, zopkiye) dont ils tirent viande, laine, peaux, graisses animales et dérivés.
      • Dépendant des aires d’habitat qu’ils occupé à leur arrivée au Népal et au fur et à mesure de leur migration, les Sherpa se sont transformés au cours des siècles en agriculteurs sédentaires (pommiers dans l’Helambu, maïs et autres céréales dans le Solu et jusqu’à Taplejung).
      • Les Sherpa sont largement présents dans le secteur de l’alpinisme, mais aussi du trekking et de manière plus générale du tourisme au Népal. Cela provient de leur proximité des plus hautes montagnes de la planète (merci Sire Edmund Hilary), mais avant tout de leur courage et de leur dévotion sans borne dans les affres et les douleurs de la haute montagne.

        Restrictions générales, alimentaires, religieuses, etc …

      L’alimentation traditionnelle Sherpa est dictée par des critères aussi bien culturels que climatologiques :

      • En zone himalayenne : à base de patates, de sarrazin (galettes), d’orge (tsampa), de quelques légumes (radis, choux et choux-fleurs)
      • En zone de collines : à base de patates, de maïs (galettes), de millet (thungba), de légumes.

      La consommation de riz dans la société Sherpa s’est développée dans les 60-70, résultante d’interactions toujours plus nombreuses avec le monde extérieur (népalais des collines et touristes) mais aussi reflet de l’ascension économique en découlant.

      Les Héros Sherpa

      La communauté Sherpa a offert de si nombreux héros à l’alpinisme qu’il est quasiment impossible de les énumérer commettre d’impair. Quelques grands maîtres de pensée ont également apporté leur contribution au bouddhisme :

      Norgay Tenzin ( - ) :

      Honneur au plus connu des Sherpa, le premier vainqueur de l’

      Everest (Chomolungma en tibétain, Sagarmatha en népalais) en compagnie du Néo-Zélandais Sire Edmund Hilary en 1953.

      Sangye Lama (1856-1939) :

      Riche Sherpa du Solu, il fonda le Monastère de Chiwang en

      1923. Ce Gompa est un des rares du Népal à offrir une ration de riz à chacun de ses lamas, ce qui représente grande aide aux familles les plus pauvres.

      So many …

      Wang, la transmission de pouvoirs

      L’entrée du Rinpoche, toute en son et couleurs, annonce le début des festivités, qui débutent par la cérémonie de partage des pilules de longue vie. Préalablement bénîtes par les Lamas durant plusieurs jours de méditation, les Mani Rilbu sont partagées avec toutes les personnes qui assistent à la cérémonie.

      Nuit chez l’habitant ou sous tente, en pension complète.